| Accueil > Travaux en séance > Les comptes rendus > Les comptes rendus intégraux de la session > Compte rendu intégral de la séance |
SOMMAIRE
PRÉSIDENCE DE M. JEAN-MARIE LE GUEN
1. Règlement définitif du budget de 2006. – Suite de la discussion, après déclaration d’urgence, d’un projet de loi (nos 3, 66)
M. Éric Woerth, ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique.
Rappel au règlement
M. Jean-Pierre Brard.
discussion des articles
Article 1er
Amendement n° 2 : MM. Gilles Carrez, rapporteur général de la commission des finances, le ministre. – Adoption.
Amendement n° 3. – Adoption.
Adoption de l’article 1er modifié.
Article 2
Amendement n° 5. – Adoption.
Amendement n° 4. – Adoption.
Adoption de l’article 2 modifié.
Article 3
Amendement n° 13. – Adoption.
Amendement n° 6. – Adoption.
Amendement n° 7. – Adoption.
Amendement n° 8. – Adoption.
Amendement n° 9. – Adoption.
Adoption de l’article 3 modifié.
Article 4
Amendement n° 10. – Adoption.
Adoption de l’article 4 modifié.
Articles 5 à 8. – Adoptions.
Après l’article 8
Amendement n° 1 rectifié : MM. Charles de Courson, le rapporteur général, le ministre. – Adoption.
vote sur l’ensemble
L’ensemble du projet de loi est adopté.
2. Débat d’orientation budgétaire pour 2008
M. Éric Woerth, ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique.
M. Gilles Carrez, rapporteur général de la commission des finances.
M. Didier Migaud, président de la commission des finances.
discussion générale
MM. Jean-Pierre Brard,
Charles de Courson.
Suspension et reprise de la séance
MM. Michel Bouvard,
Jean-Pierre Balligand,
François de Rugy,
Yves Deniaud,
Bernard Derosier,
François Bayrou,
Daniel Garrigue,
Henri Nayrou,
Mme Béatrice Pavy,
MM. Pierre-Alain Muet,
Laurent Hénart,
Jean-François Lamour.
Clôture de la discussion générale.
M. le ministre.
3. Ordre du jour de la prochaine séance
(La séance est ouverte à quinze heures.)
La parole est à M. le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique.
M. Idiart a évoqué les indicateurs de performance, un domaine dans lequel nous avons accompli des progrès. En effet, le taux de renseignement de ces indicateurs est amélioré dans le projet de loi de finances pour 2007, ce que les rapports annuels de performance – les RAP – devraient d’ailleurs traduire. Nous comptons poursuivre la démarche dans le projet de loi de finances pour 2008, sur la base des RAP de 2006.
Plusieurs intervenants ont cité le rapport de la Cour des comptes, souvent de façon négative. Michel Bouvard a pourtant souligné qu’il contenait de nombreux éléments positifs,…
De même, s’agissant de la mesure de la progression des dépenses de l’État – qui intègre les comptes spéciaux du trésor, les affectations de recettes, les remboursements et dégrèvements, les prélèvements sur recettes, voire la dépense fiscale –, l’appréciation de l’État et celle de la Cour des comptes tendent à diverger. Il nous faudra certainement débattre de ces questions, mais on ne peut parler d’impasses ou d’imperfections.
Comment répondre à une intervention aussi fleurie que celle de M. Brard ? À l’entendre, la dette est vertueuse, mais une telle affirmation n’est vraie que jusqu’à un certain niveau ; au-delà, elle devient vicieuse.
Je note enfin que la plupart des recettes proposées par M. Brard appartiennent au passé : les pays qui les ont essayées ont souvent échoué.
M. de Courson a soulevé l’importante question du périmètre de la norme de dépense. Faut-il y inclure les dépenses fiscales, les prélèvements sur recettes, les remboursements et les dégrèvements ? La commission des finances de l’Assemblée comme celle du Sénat en ont souvent débattu, de même que le Comité d’orientation des finances publiques, à l’initiative de Gilles Carrez. Dès 2008, nous franchirons une étape supplémentaire en élargissant la norme de dépense. Jusqu’où ? Nous le verrons en examinant le projet de loi de finances pour 2008. La réponse : « jusqu’à ce qu’il est possible de faire » est-elle en mesure de vous contenter, monsieur de Courson ? (Sourires.) Quoi qu’il en soit, l’accroissement du périmètre de la norme de dépense va dans le sens d’une certaine vérité budgétaire que nous avons tout intérêt à voir émerger.
J’ai bien entendu – et je partage – les souhaits exprimés par Michel Bouvard s’agissant des systèmes d’information. Il sera difficile de travailler tant qu’ils n’auront pas produit totalement leurs effets. C’est particulièrement vrai pour le projet Chorus, qui a connu bien des vicissitudes. Nous espérons son déploiement à partir de 2009. L’État bénéficiera alors d’un cadre informatique conforme au cadre comptable et budgétaire de la LOLF.
L’amélioration des indicateurs doit être poursuivie, même si ceux-ci donnent plutôt satisfaction pour un premier essai. En revanche, il me paraît préférable qu’ils ne soient pas trop nombreux. Au fil du temps et de la pratique, en fonction des souhaits de votre commission et de la demande de nos concitoyens, nous pourrions sans doute être amenés à distinguer les indicateurs vraiment significatifs pour la gestion de nos finances publiques de ceux apparaissant plus anecdotiques.
Quant à la maquette budgétaire, elle figure dans le tome II du rapport sur le débat d’orientation budgétaire. Si elle n’a pas fait l’objet d’une importante concertation, c’est pour des raisons de délais : la mise en place de nouveaux ministères et la définition de nouveaux périmètres rendaient une adaptation nécessaire – même si les changements demeurent peu nombreux.
En ce qui concerne les dépenses de personnel, le regroupement des crédits sur les programmes de support est une commodité destinée à éviter les erreurs de répartition entre les programmes. Mais l’objectif est bien de parvenir progressivement à une ventilation plus fine des crédits.
Enfin, s’agissant de la dette, sa gestion technique a été optimisée au cours des années précédentes. Elle a baissé en 2006. Nous avons réduit l’encaisse de précaution du compte du Trésor, qui avait atteint 26 milliards d’euros : une gestion efficace de la dette publique imposait de le faire, même si cela ne signifie pas qu’il faille le faire tout le temps.
La vraie réponse à la progression de la dette française est la maîtrise de la dépense. Il n’en existe pas d’autres, et c’est à cela que nous allons nous atteler.
Laurent Hénart a évoqué la mise en œuvre de la réforme budgétaire sur le terrain par les administrations déconcentrées. Il est vrai que les services de l’État jouent, au niveau local, un rôle majeur dans la maîtrise de la dépense publique. Cela n’a pas été facile, mais cette exigence est maintenant bien intégrée. Je suis prêt à rechercher avec vous les moyens de fluidifier la gestion sur le terrain. À cet égard, les réflexions des préfets sont souvent très intéressantes.
Louis Giscard d’Estaing a résumé avec beaucoup de lucidité la situation de nos finances publiques. En la matière, on est acteur, mais aussi héritier…
Jean-François Lamour nous a fait part de son intéressante expérience de ministre et de député…
Enfin, Yves Censi a très justement insisté sur le renforcement extraordinaire de la transparence et sur l’exercice démocratique que représente la LOLF. Je me répète, mais je sais que le président de la commission des finances et le rapporteur général en sont d’accord : nous avons besoin de plus de transparence et de vérité. Nos débats y gagneront en qualité. Le côté idéologique perdra parfois quelque peu de sa force…
La parole est à M. le rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du plan, pour le soutenir.
(L’amendement est adopté.)
La parole est à M. le rapporteur général, pour le soutenir.
(L’amendement est adopté.)
(L’article 1er, ainsi modifié, est adopté.)
La parole est à M. le rapporteur général, pour le soutenir.
(L’amendement est adopté.)
La parole est à M. le rapporteur général, pour le soutenir.
Je mets aux voix l’amendement n° 4.
(L’amendement est adopté.)
(L’article 2, ainsi modifié, est adopté.)
La parole est à M. le rapporteur général, pour le soutenir.
Je mets aux voix l’amendement n° 13.
(L’amendement est adopté.)
La parole est à M. le rapporteur général, pour le soutenir.
Je mets aux voix l’amendement n° 6.
(L’amendement est adopté.)
La parole est à M. le rapporteur général, pour le soutenir.
Je mets aux voix l’amendement n° 7.
(L’amendement est adopté.)
La parole est à M. le rapporteur général, pour le soutenir.
Je mets aux voix l’amendement n° 8.
(L’amendement est adopté.)
Toujours rédactionnel, monsieur le rapporteur général ?
Je mets aux voix l’amendement n° 9.
(L’amendement est adopté.)
(L’article 3, ainsi modifié, est adopté.)
Je mets aux voix l’amendement n° 10.
(L’amendement est adopté.)
(L’article 4, ainsi modifié, est adopté.)
(Les articles 5, 6, 7 et 8, successivement mis aux voix, sont adoptés.)
La parole est à M. le rapporteur général, pour le soutenir.
Cet amendement tend donc à ce que nous soit présentée la totalité des effectifs : ceux de l’État – fonctionnaires, contractuels, etc. – et ceux des opérateurs au sens de la LOLF.
À l’initiative de Gilles Carrez, un rapport rédigé dans le cadre du PLF 2007 donnait déjà des indications intéressantes sur les opérateurs et leurs emplois pour l’année en cours et l’année suivante. Vous prévoyez d’améliorer cette information. Nous le ferons dès cet automne dans le cadre du projet de loi de finances pour 2008.
(L’amendement est adopté.)
Je mets aux voix l’ensemble du projet de loi.
(L’ensemble du projet de loi est adopté.)
La parole est à M. le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique.
Vous avez, au cours de cette session, à vous prononcer sur bon nombre de lois qui mettront en œuvre les réformes annoncées par le Président de la République et par le Premier ministre et choisies par les Français, qu’il s’agisse de revaloriser le travail, d’aider à l’accession à la propriété, de réformer les universités, d’assurer un service minimal dans les transports ou de lutter contre la récidive.
Il n’y a pas de réforme possible dans l’incertitude et l’insécurité de finances publiques non maîtrisées. Il ne s’agit pas seulement de respecter nos engagements européens – je le disais en répondant aux orateurs de ce matin – mais de se comporter de façon responsable : qui d’entre nous souhaite léguer des dettes à ses enfants ou à ses petits-enfants ? Il s’agit aussi de faire preuve de bon sens : qui d’entre nous pense qu’on peut revenir sur l’exception française des prélèvements élevés si on ne revient pas sur cette autre exception française, tout aussi remarquable, de la dépense publique la plus élevée de l’OCDE en proportion de la richesse nationale ?
Le niveau atteint par la dépense publique dans notre pays nous prive de marges de manœuvre pour faire face à la concurrence, pour investir dans l’innovation et la recherche ou réagir aux fluctuations conjoncturelles de l’économie mondiale. C’est pourquoi une politique ambitieuse en matière de relance de l’emploi et de la croissance, ambitieuse en matière de réformes structurelles, en matière d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation ne peut produire pleinement ses effets que si elle est, presque en parallèle, accompagnée d’une politique ambitieuse en matière de réduction du poids de la dépense publique, de reflux de la dette publique et de résorption des déséquilibres des comptes publics. C’est pourquoi le Président de la République nous a assigné l’objectif…
Cette démarche doit concerner, bien évidemment, l’ensemble de nos finances publiques, celles de l’État, celles des collectivités territoriales et celles de la sécurité sociale. Cette année, et pour la première fois, un seul ministre, et non plus deux, voire quatre, est chargé de vous présenter la stratégie du Gouvernement pour l’ensemble des comptes publics. Ce n’est pas une innovation légère, mais bien la marque d’une volonté politique forte de prendre à bras-le-corps nos problèmes de déficit et d’endettement.
Il y a un seul ministre responsable de l’ensemble des finances publiques parce que seules une vision d’ensemble et une stratégie cohérente peuvent nous permettre de rééquilibrer de façon durable nos comptes publics.
Je voudrais détailler au moins deux raisons qui justifient la création d’un tel ministère.
La première, c’est que les contraintes qui pèsent aujourd’hui sur les finances publiques sont globales : ce qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages ou la compétitivité de nos entreprises, ce n’est pas seulement l’impôt sur les sociétés ou les cotisations maladie, c’est l’ensemble des prélèvements obligatoires ; ce que nous léguons à nos enfants et petits-enfants, ce n’est pas seulement la dette de l’État ou le déficit de la sécurité sociale, c’est la situation de l’ensemble des comptes publics.
C’est donc sur l’ensemble de ces comptes que porte notre engagement. On ne le dira jamais assez, les engagements européens ne sont que des règles de bonne gestion qu’il conviendrait de respecter même, et surtout, s’il n’y avait pas le cadre européen. C’est une question d’honnêteté vis-à-vis de nous-mêmes.
La seconde raison, c’est qu’il doit permettre de clarifier les relations entre l’État et l’ensemble des acteurs, qu’ils relèvent de la sécurité sociale ou des collectivités locales. Ces relations, vous le savez, ne se sont pas toujours caractérisées par la transparence.
J’ai pu m’en apercevoir lors de la commission des comptes de la sécurité sociale : la question de la dette de l’État envers la sécurité sociale envenime les relations entre les acteurs. Or elle est souvent mal comprise. On dit parfois, à tort, que cette dette participe au déficit de la sécurité sociale. Cela n’est pas vrai, et il ne faudrait pas que cette analyse erronée serve d’alibi pour éluder les vraies raisons de nos difficultés financières. Si un ministère des comptes publics a un sens, c’est bien pour apporter une clarification en la matière.
Cette clarification a commencé avec la reconnaissance des créances des régimes de sécurité sociale dans le bilan de l’État en 2006. Il n’y a plus de bataille de chiffres en la matière : les créances sur l’État enregistrées dans les comptes du régime général sont les même, au centime d’euro près, que la dette reconnue par l’État.
La clarification ne doit pas s’arrêter là et j’ai bien l’intention d’engager l’apurement de la dette de l’État dès cette année. Je souhaite également mettre en place des règles de gouvernance et des procédures pour que cette dette ne se renouvelle pas. Il faut notamment que l’autonomie de gestion permise par la LOLF ne conduise pas à l’utilisation à d’autres fins des crédits destinés à la compensation des exonérations de cotisations. Gilles Carrez l’a rappelé dans son rapport à la Conférence nationale des finances publiques. J’y veillerai.
Nous avons longuement parlé de 2006 ce matin et je vais détailler l’horizon 2012 dans un instant ; mais, au préalable, je voudrais rapidement faire un point sur 2007 puisque notre programme en matière de finances publiques s’applique dès maintenant.
Certains ont pu douter de notre capacité à honorer les engagements pris par le précédent gouvernement pour 2007. Le Président de la République a rappelé à Bruxelles,…
Quant aux recettes fiscales, elles devraient dépasser de 2 à 5 milliards d’euros le niveau prévu en loi de finances, en particulier grâce au dynamisme de l’impôt sur les sociétés. Le déficit budgétaire devrait donc être inférieur à celui prévu en loi de finances initiale.
Ce surplus de recettes fiscales fait réapparaître, ici ou là, l’expression de « cagnotte ». Très franchement, comment peut-on encore parler de cagnotte quand le déficit de l’État avoisine les 35 ou 40 milliards d’euros ? (Protestations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)
La maîtrise des finances sociales est un exercice très difficile. Tous ceux qui s’y sont essayés peuvent en témoigner, et ce n’est pas la peine de donner des leçons. C’est un véritable travail de Sisyphe, sans cesse à refaire, qui demande beaucoup de ténacité.
Le retour à l’équilibre est pour nous un impératif absolu, un impératif financier, un impératif de responsabilité. Que dirions-nous, là encore, si nous avions aujourd’hui à rembourser les dettes de nos aînés ?
J’en viens maintenant à la stratégie du Gouvernement pour la législature qui s’ouvre.
Notre objectif est de revenir, dès que possible, c’est-à-dire avant 2012, à une dette inférieure à 60 % du PIB et à un solde public équilibré. Cette stratégie volontariste s’appuie sur deux piliers, que j’ai déjà mentionnés : des mesures fiscales ambitieuses, qui revalorisent le travail et vont créer un choc de confiance permettant de relancer durablement la croissance, créatrice de richesses ; une maîtrise sans précédent de la dépense publique, qui participera tout autant au rétablissement de la confiance en permettant de réduire la dette, d’améliorer l’efficacité des services publics et de préserver la solidarité juste et nécessaire entre les générations.
La clé de l’assainissement des finances publiques réside donc dans la maîtrise de la dépense. Pour réussir, il faut plusieurs conditions : cette maîtrise doit être partagée par l’ensemble des acteurs ; elle ne doit souffrir aucun report ; elle doit s’inscrire dans la durée.
L’objectif que nous nous sommes fixé pour la législature, c’est, je le disais en introduction de mon propos, de diviser par deux la progression de la dépense publique par rapport aux tendances passées.
Cela correspond à une évolution moyenne légèrement supérieure à 1 % par an en volume sur l’ensemble de la sphère publique – État, sphère sociale, collectivités territoriales –, contre 2,25 % en moyenne sur les dix dernières années. C’est bien un effort sans précédent que nous devons fournir.
Cet effort permettra, dès 2008, d’amorcer une baisse du déficit. Un ralentissement de la croissance de la dépense publique à hauteur d’un point, c’est près de 10 milliards d’euros de dépenses en moins dès 2008 par rapport aux tendances passées. L’effort sur la dépense est ainsi du même ordre que le choc fiscal en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat, et il permettra même de poursuivre une légère baisse du déficit public en 2008, comme s’y est engagé le Président de la République.
Dès 2009, la maîtrise de la dépense nous engagera dans une trajectoire de désendettement plus rapide. Son rythme dépendra néanmoins de la croissance du produit intérieur brut. Si elle est au rendez-vous et atteint 3 %, le double objectif d’une dette inférieure à 60 % du PIB et d’un équilibre des finances publiques pourra être atteint dès 2010. Sinon, il sera décalé, mais au plus tard en 2012, pour peu que la croissance atteigne 2,25 %.
En fait, nous appliquons les règles qu’a présentées encore ce matin Gilles Carrez : des prévisions de recettes prudentes, l’affectation des plus-values au désendettement, le respect de la norme de dépenses sur l’État et, plus généralement, la maîtrise des dépenses publiques.
Pour parvenir à cette maîtrise de la dépense, tous les acteurs devront s’impliquer.
S’agissant de l’État, une norme « zéro volume » – au plus…
Il faut bien prendre en compte aussi le fait que l’évolution des dépenses inéluctables – charge de la dette et pensions – est désormais défavorable : la remontée des taux d’intérêt fait croître la charge de la dette, jusqu’alors quasiment stable depuis quatre ans ; les pensions, quant à elles, progressent fortement avec le choc démographique majeur que connaît la fonction publique.
L’effort sur les autres dépenses devra donc être encore plus exigeant. Cela sera perceptible dès le budget 2008 et les entretiens que j’ai pu avoir avec chacun de mes collègues ministres – je les ai terminés vendredi – me confirment que l’objectif de 0 % en volume…
Quant aux administrations de sécurité sociale, elles bénéficieront de la maîtrise des dépenses de santé et de la poursuite de l’amélioration de la situation de l’emploi.
Nous ne pouvons continuer à faire financer nos dépenses de santé courantes par nos enfants ou petits-enfants, nous devons prendre nos responsabilités. C’est une question d’éthique et de morale.
En moyenne, la croissance de l’ONDAM devra être au plus de 2 % en volume sur la période, soit environ 3,5 % en euros courants.
C’est un objectif ambitieux, qui implique que le Gouvernement examine et renforce dès maintenant les leviers de la maîtrise médicalisée avec l’ensemble des acteurs. C’est aussi un objectif réaliste, supérieur du reste à celui qui avait été assigné en 2007, car il est inutile d’afficher des cibles trop difficiles à atteindre. De telles cibles ne sont plus crédibles pour les acteurs de la dépense de santé et perdent d’emblée toute signification. L’instauration de la franchise devrait permettre, quant à elle, de financer les nouveaux besoins.
La maîtrise des dépenses d’assurance maladie est d’autant plus nécessaire que nous devons faire face à la dégradation des comptes de la branche vieillesse. Ce sera l’objet du rendez-vous de 2008. Nous devrons poursuivre la démarche engagée en 2003 et programmer la réforme des régimes spéciaux.
Mais, il faut le redire, la clé en matière d’équilibre des régimes de retraite, c’est l’emploi des seniors. Le Gouvernement mettra tout en œuvre pour lever les obstacles financiers, réglementaires et parfois culturels, au développement de ces emplois. Les dépenses de la branche famille devront, enfin, participer également à l’effort global de maîtrise de la dépense publique.
Les collectivités locales ne peuvent pas rester à l’écart de cette obligation. Personne ne le comprendrait. Elles devront donc stabiliser leur endettement, en modérant leurs dépenses. C’est tout le sens du nouveau pacte que nous voulons passer avec elles afin d’améliorer leurs relations financières avec l’État, dans le respect, bien évidemment, de leur autonomie de gestion. C’est un dialogue de responsabilité qu’il faut établir.
Étant moi-même élu local, je sais que, dans des domaines très divers, l’État impose souvent de nouvelles dépenses aux collectivités locales, à travers, par exemple, des normes techniques ou environnementales ou la revalorisation du point d’indice de la fonction publique. C’est pourquoi nous devons mieux associer les élus à l’élaboration de ces normes contraignantes, qui entraînent une forte augmentation des dépenses.
En contrepartie, les règles gouvernant l’évolution des dotations aux collectivités locales devront être réformées : dès 2008, les concours qui relèvent du contrat de croissance et de solidarité se verront appliquer la même norme que celle qui s’imposera aux autres dépenses de l’État.
Je voudrais terminer mon propos en évoquant devant vous quelques-uns des moyens que nous mettrons en œuvre pour appliquer notre stratégie budgétaire.
Une stratégie aussi ambitieuse réclame bien évidemment des réformes nombreuses et efficaces. Le Président de la République et le Premier ministre les ont annoncées et expliquées à de nombreuses reprises au cours de ces derniers jours. Ce sont des réformes justes et d’une ampleur sans précédent pour restaurer nos finances publiques : le remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique d’État, ou le non-remplacement, ce qui revient au même,…
Avec la révision générale des politiques publiques lancée par le Premier ministre il y a quelques jours, nous passons désormais à la vitesse supérieure.
C’est une démarche très novatrice pour notre pays, inspirée des meilleures pratiques étrangères. Il ne s’agit pas d’un énième étage d’un processus de réformes dont on ne verrait pas la fin. Il s’agit d’une étape décisive, celle qui permettra de sortir de l’empilement permanent de dépenses et de politiques publiques qu’on ne réexamine jamais, et de mettre un terme au réflexe selon lequel il suffit d’augmenter les moyens publics pour que l’usager ait un meilleur service, celle qui fera de l’efficacité le mot d’ordre et la fierté de l’action publique.
Nous allons passer au crible l’ensemble de la dépense publique. Chaque politique publique sera réexaminée de fond en comble, à partir de questions simples : à quoi sert-elle, répond-elle aux besoins des usagers, pourrions-nous la conduire différemment, avec moins de moyens, en la ciblant davantage ? Autant de questions – et il y en a bien d’autres – de bon sens.
Toutes les dépenses de l’État seront concernées par cette révision, y compris les dépenses d’intervention, sur lesquelles on ne s’est pas encore penché bien qu’elles représentent 40 % des dépenses budgétaires. Le champ d’examen ne s’arrêtera d’ailleurs pas à l’État stricto sensu et pourra inclure des politiques dans lesquelles celui-ci intervient à côté d’autres partenaires, telles que les politiques sociales et de sécurité sociale, ou les politiques des collectivités territoriales : même si elles exigent d’autres moyens, d’autres méthodes, elles doivent être elles aussi examinées.
C’est à un Conseil de la modernisation des politiques publiques, présidé par le Président de la République, et dont je serai le rapporteur général, qu’il reviendra ensuite de décider de l’option à retenir. Comme vous le voyez, le changement de méthode est profond, et nous franchissons là une étape décisive dans l’examen de nos politiques publiques : jamais les plus hautes instances politiques n’auront été autant impliquées dans la modernisation de l’État. Il ne faut d’ailleurs pas se payer de mots : sans cette implication, il n’y aura pas de réelle modernisation de l’État, pour laquelle la légitimité politique est absolument nécessaire : on l’a vu dans tous les États qui ont procédé à une modernisation en profondeur de leurs procédures comme de leurs politiques. C’est ce qui a fait défaut aux démarches précédentes, quelle que soit leur qualité, et c’est ce qui fera la différence dans celle-ci.
Les résultats auxquels nous parviendrons serviront ensuite à établir une programmation pluriannuelle détaillée des dépenses – vous en avez souligné la nécessité ce matin, et je partage ce sentiment – qui donnera aux gestionnaires davantage de visibilité sur leurs crédits et davantage de responsabilité dans l’ensemble de leur gestion.
Cette révision générale sera menée tambour battant puisqu’elle devrait être achevée début 2008, avant le prochain débat d’orientation budgétaire. Nous mettrons alors en place un contrôle régulier de la mise en œuvre des réformes décidées, en lien avec les commissions compétentes des assemblées et avec la Cour des comptes.
Permettez-moi, en conclusion, de dire un mot d’un sujet auquel je suis très attaché : la lutte contre la fraude fiscale et sociale.
Je veillerai à poursuivre et à accélérer la mobilisation de tous les services publics, administration fiscale ou organismes de sécurité sociale, au service de cette priorité de justice.
Celui-ci n’est ni de droite, ni de gauche ; ce n’est pas l’obsession d’un camp, ni un oubli délibéré de l’autre : c’est une nécessité collective, qui exigera l’engagement de tous et de chacun. On peut discuter des moyens, encore que le niveau atteint aujourd’hui par notre endettement et nos dépenses publiques en limite fortement le nombre ; mais on ne doit pas discuter de l’objectif, qui s’impose à chacun d’entre nous parce que l’avenir de la France est notre bien commun, et parce que la solidarité entre les générations fonde notre éthique commune.
Les Français sont très sensibles à ces enjeux : ils savent que ne sont pas des enjeux simplement comptables, mais de véritables enjeux politiques, qui conditionnent la capacité de notre pays à rester dans l’avenir un grand pays, prospère, influent et respecté. Ils ne veulent plus de politiques de l’autruche, ils ne veulent plus de fausses assurances ; ils veulent que nous assumions collectivement nos responsabilités. Nous n’esquiverons rien et nous tiendrons nos objectifs, parce que nous n’avons pas le droit de les décevoir. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et du groupe Nouveau Centre.)
Mais, en sens inverse, le désendettement sera fortement accéléré grâce à la remobilisation des forces économiques du pays qu’organise et encourage le choc fiscal et le choc de confiance de la loi « Travail, emploi, pouvoir d’achat ».
Allez-y, monsieur le rapporteur général.
Comme je le disais ce matin, monsieur le ministre, il y a deux principes : celui, intangible, de la maîtrise de la dépense publique dans toutes ses composantes : non seulement le budget de l’État, mais aussi les comptes sociaux et les comptes locaux, dont on parle moins ; deuxièmement, le principe selon lequel les fruits de la croissance doivent être consacrés prioritairement au désendettement. Il ne s’agit pas de les gaspiller : la fameuse cagnotte, si cagnotte il y a, doit être consacrée à la baisse de la dette, et en aucun cas à des dépenses supplémentaires.
Il faut également, monsieur le ministre, suivre avec une grande vigilance l’évolution des comptes sociaux – à ce propos je me réjouis de votre responsabilité « consolidée » sur l’ensemble des comptes publics, comptes sociaux et comptes de l’État – et il faut bien entendu que nous arrivions à freiner l’évolution de la dépense locale.
Mais si l’on excepte ces deux héritages du passé, l’accroissement du poids des intérêts et des pensions, les autres dépenses connaissent une stabilisation en valeur, c’est-à-dire une progression égale à zéro, qu’il faut conserver en 2008.
Il faudra, tout en maintenant cette stabilité de la dépense, financer nos priorités : la dernière tranche de la loi de programmation militaire, qu’il ne faut pas oublier et qui suppose un certain nombre de crédits de report ; le soutien à la recherche, qu’il faut porter à 3 % du PIB, et…
D’où la nécessité absolue de réaliser des économies. On a évoqué ce matin le levier que constitue la LOLF en la matière, qui doit nous permettre de dépenser mieux en dépensant moins. Je pense aussi aux audits de modernisation. Mais je voudrais dire à ce stade que la réduction du train de vie de l’État ne doit pas servir d’alibi en matière d’économies. Il faut certes réduire le train de vie de l’État…
Comme vous, monsieur le ministre, je me félicite de ce que le Président de la République ait décidé de présider le Conseil de modernisation des politiques publiques, conformément à l’article 5 de la Constitution – cette précision étant destinée à notre cher collègue Brard. (Protestations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.)
J’en viens à présent aux recettes. En revalorisant le travail et le pouvoir d’achat, les allégements des prélèvements, que ce soit en faveur des ménages ou des entreprises décidés dans le cadre du projet TEPA, seront payés de retour par une croissance supplémentaire, qui elle-même générera des recettes.
Si nous voulons redresser les comptes pour l’horizon 2010-2012, c’est-à-dire la fin de la législature, il nous faut absolument adopter une approche consolidée, qui embrasse à la fois les comptes de l’État et ceux de la sécurité sociale. Je rappelle en effet que si le budget de l’État est, une fois rétablis les prélèvements sur recettes, de 350 milliards d’euros, celui de la sécurité sociale atteint 450 milliards d’euros, tandis que celui des collectivités locales s’élève à 190 milliards d’euros. Il nous faut donc absolument être attentifs à ces comptes.
Prenons l’exemple des relations financières entre l’État et les collectivités locales : depuis vingt-cinq ans, l’État a pris à sa charge un ensemble d’impôts locaux, comme la suppression de la part salaire de la taxe professionnelle,…
En matière de comptes sociaux, vous devez également engager, monsieur le ministre, une révision générale des programmes, à l’image des politiques publiques du budget de l’État. Là aussi, il peut arriver que certaines prestations soient versées sans qu’il y ait de contrepartie sous forme de rigueur et de contrôle de l’efficacité.
Nous devrons aussi améliorer les outils de régulation et de pilotage des dépenses sociales dans une logique de performance, comme c’est le cas avec la LOLF.
L’État doit montrer l’exemple en amplifiant la maîtrise de la dépense, en évitant d’accorder de nouveaux allègements fiscaux sans contrepartie prenant la forme d’économies ou de dépenses supplémentaires, et en appliquant en permanence, durant cette législature, la règle d’affectation des surplus au désendettement.
Je terminerai, monsieur le ministre, en évoquant la pluriannualité, que vous évoquiez en conclusion de votre propos. Il m’a toujours paru quelque peu paradoxal que les ministères dépensiers s’ingénient à sécuriser leurs dépenses dans le cadre de lois pluriannuelles et que le ministre responsable des équilibres généraux ne puisse pas, quant à lui, bénéficier d’une approche pluriannuelle.
Or la pluriannualité, est devenue indispensable. Elle l’est devenue, dans le cadre de la loi organique, la LOLF, pour la gestion par les opérateurs responsables de programmes, à qui une visibilité sur trois ans permettra d’être beaucoup plus efficaces dans leur démarche de bonne gestion. Mais elle est aussi indispensable sur le chemin du désendettement. Il est paradoxal que nous transmettions chaque année à Bruxelles un programme de stabilité reposant sur une approche pluriannuelle et que nous n’ayons pas de mécanisme correspondant dans notre gestion interne des finances publiques. L’inspection des finances vient de nous proposer un rapport tout à fait remarquable pour mettre en place une pluriannualité dans la gestion de nos finances.
Mon vœu le plus cher serait – et je conclurai ainsi – que ce rapport ne reste pas lettre morte. Quoi qu’il en soit, la commission des finances souhaite vivement s’inscrire dans une démarche pluriannuelle en vue de garantir le rétablissement de nos finances publiques. (« Bravo ! » et vifs applaudissements sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et du groupe Nouveau Centre.)
En attendant ce rendez-vous pour un débat d’orientation budgétaire qui pourra avoir un autre contenu, je me contenterai, monsieur le ministre, de quelques questions.
La croissance mondiale est vigoureuse. L’activité de la zone euro l’est également. Or les résultats de la France sont un peu en retrait de ces performances. Le président Seguin faisait observer qu’il existait d’ailleurs un risque de voir se creuser encore en 2007 et 2008 l’écart entre la France et ses principaux partenaires, notamment l’Allemagne et l’Italie. Dans son étude annuelle, parue le 27 juin dernier, l’OCDE observe que la reprise reste plutôt hésitante et que l’avance modeste, mais persistante, dont disposait la France depuis plus de dix ans en matière de croissance par rapport à des partenaires commerciaux importants comme l’Allemagne ou l’Italie semble s’être réduite à néant, voire transformée en retard.
Ma première question, monsieur le ministre, est de savoir quelles sont, selon vous, les raisons pour lesquelles les performances de l’économie française soient aujourd’hui systématiquement en deçà de la moyenne européenne et de celles que connaissent de nombreux pays dans le monde, alors que récemment encore ses résultats étaient supérieurs à la moyenne européenne et plus en ligne avec la croissance mondiale. Comment expliquez-vous que ces résultats passables s’observent après cinq années de gouvernement assumées pour ainsi dire par la même majorité ? C’est pour moi un sujet d’étonnement : on ne peut à la fois se glorifier de résultats et constater les faiblesses des performances de notre économie...
Ma deuxième question porte sur les années 2007 et 2008, et notamment sur les modalités de financement des mesures figurant dans le projet TEPA. Le coût de ces mesures sera beaucoup plus important pour 2008 que pour 2007, et plus important encore en régime de croisière en 2009, selon les propres estimations de Mme Lagarde. Comment seront-elles financées pour l’année 2007 ? Des précisions s’imposent, dès lors que, comme vous le rappelez, les plus-values de recettes fiscales – qu’il ne faut en aucune façon considérer comme une « cagnotte », j’en suis entièrement d’accord avec vous –…
Je terminerai par quelques questions portant sur la maîtrise de la dépense, la dette, la fiscalité et la situation des collectivités locales.
En matière de maîtrise de la dépense, nous nous rejoignons sur l’objectif : maîtriser la dépense – cette évidence me semble relever du pur bon sens. Mais alors, pourquoi la dépense publique a-t-elle augmenté plus rapidement durant les cinq dernières années qu’au cours des cinq années précédentes, comme l’a observé la Cour des comptes et rappelé voici quelques jours son Premier président devant la commission des finances ?
Maîtrise de la dépense, certes, mais encore faut-il qu’elle se traduise concrètement dans les faits. S’il y a quelque difficulté à respecter ce principe, c’est parce qu’il y a, reconnaissons-le, plusieurs façons de contourner la norme d’évolution de la dépense. Cela pose à nouveau la question des dépenses fiscales : comment entendez-vous prendre en compte les dépenses fiscales dans le calcul de la norme d’évolution de la dépense publique ?
Cette question est d’autant plus sensible que la majorité de notre assemblée est sur le point de voter des dépenses fiscales supplémentaires de 14 à 16 milliards d’euros sans que nous en ayons évalué les conséquences et l’efficacité. Nous devons tous reconnaître honnêtement qu’aucune de nos dépenses fiscales n’est réellement évaluée et que c’est là l’une des insuffisances des contrôles que nous exerçons au niveau tant du Gouvernement que de l’Assemblée nationale.
En outre, la maîtrise de la dépense ne doit pas se transformer en réduction a priori de la dépense publique.
Pour ce qui concerne la dette, M. le rapporteur général s’est permis tout à l’heure de m’envoyer une petite pique,…
Sur la dette comme sur le déficit, je souhaiterais donc vous interroger, monsieur le ministre, sur la réalité de vos engagements.
Lorsque l’on compare les conclusions du sommet de Bruxelles – telles qu’elles sont rapportées par la presse, j’en conviens – avec les engagements pris à cette tribune par le Premier ministre ou par vous-même, on peut observer quelques décalages. Qu’en est-il ?
Une autre question : sous le gouvernement précédent, auquel vous avez participé, l’équilibre était censé être atteint – ainsi d’ailleurs que la baisse du ratio d’endettement – dès 2010, avec pourtant une hypothèse de croissance de 2,25 % ; comment arrivez-vous, avec une hypothèse de croissance plus haute – 2,50 % – à une date plus éloignée ?
Autre question encore, monsieur le ministre, pour éclairer notre débat : quel va être le contexte fiscal des prochaines années ? Je précise que le Président de la République, lors de la campagne électorale, s’était engagé à réduire le taux des prélèvements obligatoires – une baisse de quatre points avait même été évoquée. Cet engagement reste-t-il d’actualité dans le contexte budgétaire actuel ? Je me permets de rappeler que le fameux rapport Pébereau, souvent cité à propos de la situation de nos finances publiques, recommandait en seconde priorité de ne pas toucher au montant des prélèvements obligatoires tant que la situation de nos comptes publics ne serait pas suffisamment rétablie. À partir du moment où l’objectif de réduction de quatre points des prélèvements obligatoires reste d’actualité, comment concrètement ce processus va-t-il se décliner sur l’ensemble de la législature ?
Le dernier point de mon intervention concerne les collectivités territoriales. Le Premier ministre a été clair, vous-même également : le contrat de croissance et de solidarité sera bien remis en cause. Mais le sera-t-il dès 2008 ou seulement en 2009 ?
Monsieur le président, monsieur le ministre, monsieur le secrétaire d’État, voilà quelques questions pour éclairer le débat, en souhaitant bien évidemment, comme nous l’avons dit ce matin, pouvoir, en accord avec le rapporteur général, assurer un suivi de l’exécution budgétaire. Il a proposé un suivi au jour le jour, à la seconde près ! (Sourires.) Je ne serai peut-être pas aussi ambitieux, mais je pense qu’il faudra en tout cas que nous suivions ensemble les conséquences de l’exécution du budget 2007, pour mieux évaluer les politiques qui nous sont proposées. C’est tout l’intérêt d’un débat d’orientation budgétaire ; c’est aussi tout l’intérêt d’un travail parlementaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.)
Monsieur le ministre, avant d’en venir au cœur de mon propos, je tiens d’abord à vous remercier pour avoir fait marche arrière sur la pratique de la novlangue, pour avoir enfin abandonné l’expression « zéro volume », qui ne veut rien dire du tout ; sauf pour les jargonneux. Vous vous êtes corrigé. À tout péché miséricorde !